Semaine 14: Mes romans culte : Le Procès de Franz Kafka

(En alternance avec les parutions récentes, de temps en temps, mes romans compagnons !)

Le Procès de Franz Kafka (1925)

1- Traduction par Alexandre Vialatte, préface de Bernard Groethuysen, postface de Max Brod, Gallimard, 1947 ; 2- Traduction par Alexandre Vialatte, avec la préface et les rectifications en fin de volume de Claude David, éd. Gallimard-Folio classique, 1987 ; 3- Traduction par Axel Nesme, préface et annotations de Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent, éd. Le livre de poche – Librairie générale française, 2001 ; 4- Traduction et introduction par Bernard Lortholary, éd. GF Flammarion, 1983 ; 5- Traduction et présentation par Georges-Arthur Goldschmidt, éd. Presses Pocket, 1983.

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Couv Procès14

 

Un accusé en perpétuel sursis

 
En 1987, j’ai acquis une ancienne édition du Procès (Gallimard, 1933, 11e édition, 1947, traduction d’Alexandre Vialatte, avec une superbe préface de Bernard Groethuysen, et une postface de Max Brod).
J’ai lu et été conquis. Quelle aventure jubilatoire ! Un plongeon dans les profondeurs abyssales pour atteindre un… miroir ! Fuir pour se retrouver. L’évasion parfaite.
K, avec l’irruption des deux gardes et de l’inspecteur, qui lui notifient, au nom d’un haut tribunal énigmatique, sa mise en état d’arrestation, tout en restant libre de continuer à vaquer à ses occupations quotidiennes, est projeté dans un monde totalement étranger au sien, ce petit monde balisé d’employé zélé convaincu de son inaltérabilité sociale au sein d’un État constitutionnel.
Et, avec lui, une autre entité est tout autant projetée dans un “autre” monde totalement étranger au sien : le lecteur.
Ce récit, construit comme un jeu de piste absurde, que tente de déchiffrer un personnage fragile et dépassé, évoluant dans un théâtre d’ombres peuplé de marionnettes, à la recherche d’un sens là où il n’y a que du non-sens, est si polysémique, à la fois onirique et réaliste, burlesque et sordide, tragique et comique, qu’il s’offre sans restriction à toutes les interprétations selon chaque lecteur, mettant en branle une participation affective optimale.
 
Ambiguïté, incertitude et onirisme
 
« Comment nous représenter ce monde qui nous échappe, non parce qu’il est insaisissable, parce qu’au contraire il y a peut-être trop à saisir ? » a écrit Maurice Blanchot (De Kafka à Kafka) en parlant du monde diégétique de Kafka.
La scène insolite, par exemple, où K découvre un jeune inconnu fumant la pipe, planté à l’entrée de l’immeuble de la pension : Qui est-il ? « Le fils du concierge » ! Quel concierge ? K n’en sait rien, pas plus que le lecteur. Ou plutôt, ce dernier n’en sait pas plus que K, ou voit les choses autrement, mais pas forcément mieux que K.
La fonction déstabilisatrice de cette scène (par sa valeur de non-information) est typique du climat onirique du roman, où l’information est toujours en retrait, inaccessible, à la fois au lecteur et à K.
Le « jeu ambigu entre vie et songe » rejoint « l’incertitude qui domine notre vie quotidienne » (Umberto Eco), où, rarement, notre belle assurance parvient à maintenir un semblant de continuité planifiée ou voulue.
Le Procès est une œuvre ouverte dans le sens précisé par Eco, c’est-à-dire une œuvre qui entend « paraître aussi ambiguë que la vie elle-même » (Six promenades dans les bois du roman et d’ailleurs) – d’autant plus que le caractère inachevé du roman est une composante essentielle de cette sensation d’ambiguïté et d’étrangeté.
 
La question du sens et la tonalité affective du Procès
 
K n’est pas coupable. K est peut-être coupable.
Je n’utilise pas le mot “innocent”, car il n’est pas de mise avec, ni dans, Le Procès. Tout au plus, je dirais que K n’est pas aussi innocent qu’on aimerait le croire. Ou pour mieux l’exprimer : K est un innocent qui ne sait pas qu’il est aussi coupable. Ou encore : le très haut tribunal arrête K pour une faute qu’il n’a pas encore commise mais qu’il commettra. Si c’est « la faute qui attire » les instances supérieures, comme le dit le garde Willem, alors l’omniscience de ces instances en infère et la faute est considérée non comme possible mais comme probable, certaine, fatale. K est coupable par anticipation.
Voilà le paradoxe clé de ce récit à la polysémie luxuriante, où c’est le processus même de l’écriture qui n’a rien d’innocent.
Rien d’innocent mais la jubilation extrême de dévoiler par la narration un univers inconnu qui, pourtant, nous semble connu. Le lecteur ressent, malgré l’anéantissement de tous ses repères à l’instar de K, un frisson jubilatoire en se voyant arpenter, via K, les longs couloirs obscurs de la procédure-labyrinthe, englouti peu à peu dans l’exploration d’un monde dans le non-sens serait le sens ultime !
Dès le premier (et unique !) interrogatoire, la possibilité d’une erreur judiciaire est pratiquement suggérée, induite par la méprise du juge d’instruction qui prend K pour un artisan-peintre, comme elle est de même évoquée par K dans sa diatribe dirigée contre les conditions de la procédure et ses mystérieux commanditaires corrompus, donc faillibles.
De ce dualisme au sens manichéen – sans demi-teintes, où l’opposition du bien et du mal est remplacée par celle du sens et du non-sens -, sourdent une angoisse diffuse, une atmosphère paradoxale énigmatique, aux limites de l’absurde et du fantastique ainsi qu’un humour noir de compensation et de distanciation, qui constituent la tonalité affective, émotionnelle du Procès.
 
Mode de narration : exprimer et non montrer
 
L’information “K est-il innocent ou coupable ?” n’est jamais communiquée, non plus “de quoi K. est-il accusé ?” Il en va de même pour l’information “quel est ce mystérieux haut tribunal qui ordonne la procédure ?” Jusqu’à la grande interrogation finale : “pourquoi a-t-il été exécuté ?”
De plus, cette instance énigmatique, qui semble chapeauter les autorités visibles exerçant dans un État de droit, a des ramifications partout : jusque dans les greniers sordides de la plupart des vieux immeubles de location ; dans un débarras de la banque de K, où le fouetteur châtie les deux gardes ; même les êtres lui appartiennent : à part les employés de justice et l’avocat, il y a les adolescentes qui harcèlent le peintre Titorelli, le peintre lui-même, l’aumônier dans la cathédrale, le client italien de la banque qui envoie K à la cathédrale…
Et tous ceux qui ont une relation avec ce tribunal (à un niveau inférieur) en parlent comme d’une organisation pyramidale inaccessible dont les niveaux s’échelonnent à l’infini.
C’est pourquoi le mode de narration favorise ce qui est exprimé (mystère, absurde, fantastique, paranoïa, procédure labyrinthique, incertitude…) sur ce qui est montré.
L’univers du récit est un univers onirique, de cauchemar, où les repères essentiels sont manquants. Et, à ce titre, il ressemble à l’univers réel où les questions essentielles (métaphysiques) n’ont pas de réponse.
 
La question du suspense
 
Comment bâtir un suspense lorsque l’issue semble, dès la séquence de l’arrestation, toute fixée : culpabilité et sanction (qu’on découvrira être une sordide exécution capitale) ?
Il est vrai que le lecteur ne le saura de manière certaine qu’au dénouement, et que par conséquent un certain suspense s’instaure quand même tant que le doute sur l’issue est permis. Notamment, grâce à des indices insinuant que K sera acquitté, surtout par le biais des femmes : la femme de l’huissier, Leni, Mlle Bürstner ; ou par le biais de Titorelli…
Mais, pour moi, le suspense est ailleurs, car il existe un suspense infaillible dans Le Procès (qui explique, en partie, le succès du roman et son universalité) : tout au long du récit sera nourrie l’attente du spectateur que soient enfin révélés et le motif de la culpabilité de K (ou de son innocence) et la nature du tribunal énigmatique.
En d’autres termes, le suspense provient de la quête de sens. Trouvera-t-on ou non un sens aux tribulations de K ? Quel est le sens de toute cette procédure labyrinthique ? Parce qu’il y a sûrement un sens, toute une tradition littéraire nous ayant éduqués dans ce… sens !
 
Un héros de tragi-comédie
 
L’épisode de la cathédrale confirme à K l’inanité de toute démarche visant à comprendre le pourquoi et le comment de son procès. Mais contrairement à l’homme qui attendait servilement qu’on lui permette d’entrer dans le sanctuaire de la Loi (Légende de la porte de la Loi), K enfreint les “règles du jeu” en licenciant son avocat. Il ne mourra donc pas de vieillesse comme l’homme en attente, mais sera exécuté pour n’avoir pas accepté de vivre dans un monde où « le mensonge devient le principe universel », pour n’avoir pas accepté de jouer à l’interminable jeu juridique de l’accusé en perpétuel sursis. C’est comme si K. était “devenu coupable” de n’avoir pas accepté de continuer à vivre en endossant le statut d’accusé, qu’un décret arbitraire du non moins arbitraire haut tribunal énigmatique lui aurait attribué.
Erreur judiciaire ou non, innocent ou coupable, peu importe ! On ne discute pas le jeu de rôles qu’on vous impose. Et c’est en acceptant les règles arbitraires de ce jeu, en se laissant mener, par la procédure, d’acquittement apparent en report perpétuel, que K. se serait vu octroyer le privilège de continuer à vivre.
Continuer à vivre, oui, mais au sein de la grande machinerie. Et c’est en ce sens que « le tribunal le reçoit quand il vient et le laisse partir quand il s’en va ».
Mais plus que cela, il précipite son exécution pour n’avoir pas (et là, tout comme l’homme qui voulait entrer dans la Loi) franchi lui-même, de son libre arbitre, la porte qui l’aurait placé, non pas hors jeu, mais au-delà du jeu tronqué où tous les figurants se débattent dans l’ignorance de leur propre transcendance.
Ainsi, en ayant recours à l’avocat, à Titorelli, en se confrontant au juge d’instruction et puis en cherchant à le revoir, etc., K, comme l’homme devant la Loi, ne s’adresse qu’à des subalternes, des “gardiens”, dont il espère des lueurs sur le moyen d’être acquitté, autrement dit dont il attend l’autorisation pour franchir la porte de la Loi.
Comme dans la scène inaugurale de l’arrestation, où il lui suffisait peut-être d’ouvrir la porte, de partir, « de pousser les choses à l’extrême », pour annuler toute cette affaire, K n’a pas franchi le seuil de son émancipation. Cependant, sans cette tragi-comédie de procès illusoire, K aurait continué à mener une vie banale, bureaucratisée, aseptisée. Le procès l’a hissé au rang de héros tragique, mythique, peut-être, mais à coup sûr au rang de héros de tragédie de l’absurde empêtré dans la bouffonnerie.
« On dirait que la fatalité veut, dans notre existence, compléter la torture par la dérision ; elle y met toutes les douleurs de la tragédie ; mais pour ne pas nous laisser au moins la dignité du personnage tragique, elle nous réduit, dans les détails de la vie, au rôle de bouffon. » Arthur Schopenhauer, Le monde comme volonté et représentation.
Ce procès absent du récit, puisqu’il ne se tiendra jamais, est partout présent dans la procédure judiciaire.
En fait, la procédure ne remplace pas autant qu’elle tient lieu de procès. D’ailleurs, l’aumônier des prisons le révèle en disant à K. qu’il se « méprend sur les faits » car « le verdict ne vient pas en une fois, c’est la procédure qui se transforme peu à peu en verdict ». C’est donc à l’issue de la procédure (alias le procès) que le verdict sera prononcé, non pas verbalement et protocolairement, mais dans le fait cru et arbitraire de l’exécution.
 
L’ambivalence de l’attitude de K
 
Lorsqu’il apprend qu’il est devenu justiciable, d’une manière arbitraire et absurde, K, après une période de flottement et de stupéfaction, utilise le sarcasme (à la pension) et la diatribe violente (dans la salle d’audience), et même l’insulte, dans le but de ridiculiser la procédure et son appareil et, en les disqualifiant, de faire valoir son innocence.
Scène épique où K est à la fois sujet (il désire prouver son innocence en montrant qu’il y a eu erreur judiciaire) et destinateur (il accuse de corruption les gens de justice et met à jour l’arbitraire de la loi).
Mais, les jours suivants, il attend avec impatience une seconde convocation, et, celle-ci ne venant pas, il décide d’aller de son propre chef à l’audience. À la femme de l’huissier qu’il retrouve, cette fois dans un lieu désert, il dit : « Ce sont ces minables qui vont me juger », admettant ainsi tacitement la validité de son procès. En outre, comme il le dit, il prend les devants « pour ne pas se laisser faire » et il laisse entendre à la femme qu’il aurait besoin de son aide.
Recherche-t-il la confrontation, passe-t-il à l’attaque pour mieux confondre ces gens de justice qu’il trouve corrompus ?
Ou bien, inconsciemment, est-il entré dans le jeu, devenant du même coup lui aussi l’un des éléments qui favorisent la marche de la procédure, jusqu’à son aboutissement tragique et sordide ?
K est progressivement obnubilé par une illusion de procès. Quand il en aura pris conscience, il signera sa condamnation à mort. Peut-on échapper à une illusion qui prend la forme d’une justice arbitraire inexorable, à laquelle on a donné forme, à laquelle on s’est assujetti, et qu’on a oublié avoir contribué à créer ?
K est l’un des personnages de fiction à la fois des plus prosaïques et des plus étranges. Au fait, il n’y en a pas deux comme lui. Anti-héros par excellence, il est aussi unique : velléitaire, prétentieux, élégant, charmeur, taciturne, niais et intelligent, idéaliste, timoré et agressif, infantile, dépressif, sevré affectif, quelque peu grégaire mais plutôt solitaire, fragile…, ne nous ressemble-t-il pas, quand nous ne jouons pas notre beau rôle social, censé projeter la meilleure image de nous-mêmes ?
 
Le village urbain
 
La particularité de l’univers du Procès, c’est de se dérouler dans un environnement urbain banal, quotidien, sordide par endroits, d’où surgit, imprévisiblement, le fantastique, l’onirique, l’ambigu, le paradoxal…
C’est aussi un “village urbain” où l’information circule par le biais primaire d’un bouche à oreille singulièrement efficace. Le procès de K et K lui-même semblent être connus de tous : « Depuis quelque temps, ce nom (le sien) lui pesait, et même des gens qu’il rencontrait pour la première fois le connaissaient ; qu’il est doux de commencer par se présenter, et ensuite seulement d’être connu ! » déplore K ; « Tu es accusé, dit tout bas l’ecclésiastique. » L’oncle de K. a appris la nouvelle, les trois employés de la banque étaient présents lors de l’arrestation, les justiciables du premier greffe savent que K est un accusé, la femme de l’huissier, dans une scène au climat fantastique, lui annonce, en le voyant pour la première fois, qu’il est bien arrivé là ou il voulait (et devait) venir, et qu’on l’attend…
D’autre part, le “tribunal occulte” régit la vie des citoyens de ce “village” : « Il y a un greffe dans tous les greniers… ou presque », déclare Titorelli.
Cet univers est celui d’une ville anonyme, sans âme, dressée là, au milieu de nulle part, avec ses ruelles anonymes et indifférenciées, ses façades anonymes et indifférenciées, tel un labyrinthe monstrueux.
 
Les personnages féminins
 
Quelles autres fonctions ont-ils donc ces personnages féminins dans Le Procès, à part celle de montrer, par leur présence éparpillée et brève, la dense absence de la femme dans l’univers de K ?
Seul, K l’est irrémédiablement, et non seulement en tant qu’être mâle mais en tant qu’être humain tout court !
Ceci posé, les autres fonctions des personnages féminins sont d’établir le charme des beaux yeux noirs de K et son élégance (pour toutes les femmes, sauf pour les petites délurées chez le peintre) ; de manifester l’aspect, sinon infantile, du moins adolescent, de ses pulsions sexuelles (Mlle Bürstner et la femme de l’huissier) ; de montrer la curieuse attirance nymphomane de Leni pour les accusés (K et Block) ; et l’affection maternelle et minaudière de Mme Grubach.
Une dernière fonction très importante est de suggérer que les femmes pourraient lui être d’un recours quelconque pour de multiples raisons (Mlle Bürstner, la femme de l’huissier, Leni).
Mais ce n’est qu’une illusion – une fausse piste pour le lecteur -, les seuls auxiliaires “assermentés” étant des hommes (le peintre Titorelli, l’avocat, Block).
Pourtant, la seule ombre au tableau reste Leni, qui semble en savoir assez ou trop, sans vouloir ou pouvoir le révéler à K (« Tu dois avouer si tu veux t’en sortir », « Ils te harcèlent »).
Quant à Elsa, son statut est différent, vu qu’on l’évoque seulement. Elle a, bien sûr, une fonction bien précise : montrer que K est un célibataire qui n’arrive ou ne cherche à avoir de relations sexuelles (et affectives) qu’avec une prostituée.
 
Avis à placarder sur la porte de la Loi
 
Tenez-vous-le pour dit : on ne peut pas se soustraire à l’emprise diffuse et tentaculaire d’une procédure judiciaire occulte et arbitraire, qui se transforme inexorablement en verdict de peine capitale.
Et si vous avez le malheur de reconnaître progressivement à une procédure judiciaire occulte le droit de dicter les règles arbitraires d’un jeu inconnu, alors vous tomberez dans le piège qui consiste à admettre progressivement la possibilité d’une culpabilité inconnue, et ainsi vous vous condamnerez vous-même.
© Johnny Karlitch, 52 romans par an, semaine 14 : lundi 5 au dimanche 11 janvier 2015.
© Johnny Karlitch 2003 pour le texte de l’étude originale, effectuée en vue d’un projet d’adaptation cinématographique du « Procès » qui a été proposé à quelques maisons de production européennes.

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2 réflexions sur “Semaine 14: Mes romans culte : Le Procès de Franz Kafka

  1. Très bonne analyse du roman! Si tu veux le voir sur des planches de théâtre n’hésites pas à venir nous voir les 10 et 11 décembre 2015 à 19h au Théâtre de Ménilmontant. Nous avons vraiment tenté de faire apparaître cette comédie dans cet univers plus que tragique, ce qui est beaucoup moins flagrant dans le roman et ressort d’autant plus au théâtre.

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