Semaine 21: Mes romans culte : Le Pendule de Foucault

(En alternance avec les parutions récentes, de temps en temps, mes romans compagnons !)

Le Pendule de Foucault, d’Umberto Eco

(traduit de l’italien par Jean-Noël Schifano)

Éditions Grasset & Fasquelle, 1990

www.umbertoeco.com

www.grasset.fr

www.antoineonline.com

 

 Couv Pendule 21

Rire et surinterprétation

Je suis dans le Cosmosvatoire des Arts et Métiers, je déambule dans l’église de Saint-Martin-des-Champs-et-des-Trous-Noirs, je contemple le point fixe, le point alpha, le point oméga, d’où pend le pendule, et j’orbite autour, pendu, planète errante, soleil noir, galaxie sémantique, je suis le lecteur tournoyant autour de l’oscillation-rotation des pages du roman et d’ailleurs, je suis moi, pourtant je suis les personnages, et je m’évade dans mes représentations-interprétations au sein de l’érudition-imagination de l’auteur, mon bâton garde-fou est « la superstition porte malchance » de Smullyan… Et puis je sors du bar, m’enfonce, halluciné, parano, dans le labyrinthe de la méga-bibliothèque occulte de la rose de Paris, seul au milieu de la multitude nocturne, passe devant les « grandes ventouses » de Beaubourg « qui absorbent de l’énergie terrestre », découvre une à une les trames des Mystérieux Archontes Comploteurs, tangue « entre le Baphomet et le Temple », « croise un groupe obscène » envoyé par le Vieux de la Montagne, voyage « à travers le ventre de la terre », et tout ce temps, tiens serré dans ma poche contre mon cœur la Carte, la Carte pour la possession de laquelle ils me tueraient, la Carte qui n’existe pas…

… et je suis avec Lia, Lia et son ventre plein sphère des origines, Lia et l’enfant, Lia matrice de la sémiotique au-delà des exégèses, des interprétations, et des extrapolations, Lia qui lie et délie la fabula, « les gens sont affamés de plans, si tu leur en offres un, ils se jettent dessus comme une meute de loups. Toi, tu inventes et eux, ils croient. Il ne faut pas susciter plus d’imaginaire qu’il n’y en a », elle me dit.

Je suis apaisé, purgé, et je ris, ris fort. Comme dit Jacopo Belbo : « Mais gavte la nata ».
On ne peut que rire fort avec Eco.
© Johnny Karlitch, 52 romans par an, semaine 21 : lundi 23 au dimanche 29 février 2015.
 
PS : J’ai choisi cette forme débridée en guise de présentation et commentaire du merveilleux deuxième roman d’Umberto Eco, après son sublime premier, Le Nom de la rose.
Le Pendule de Foucault est un thriller (il en a tous les suspenses et les rebondissements, mais agencés selon un rythme signé Eco), qui plonge le lecteur dans l’univers de l’occulte et de l’ésotérisme.
Trois amis, trois intellectuels, trois rats de bibliothèque, apprennent dans des circonstances macabres l’existence d’un plan diabolique de contrôle du monde.
Ils n’y croient pas, s’interrogent, fantasment, le triturent, l’interprètent, à outrance d’apprentis sorciers et… la réalité rejoint la mystification.

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