Semaine 46: Trois auteurs, trois romans…

Inédits sur le web : des romans lus et présentés, il y a de cela un bon bout de temps.

 

Couv 3 romans blog46

 

Caravansérail, de Charif Majdalani
Seuil, 2007

Site de l’éditeur

La prose de Charif Majdalani est pleine de phrases-« bannières jetées dans le vent », de chevauchées et d’errances dans le désert d’une anamnèse qui cherche à raviver les faits et gestes d’un ancêtre du narrateur, jeune Syro-libanais lettré et aventureux, qui se retrouvera à la tête d’une caravane transportant un palais arabe en pièces détachées, pour arriver au Liban et la planter aux pieds d’une jeune Beyrouthine…
On se laisse bercer dans l’atmosphère d’une narration qui avance, ample, indolente, comme portée à dos de chameau, rejoignant en pensée ce caravansérail-épopée d’un Ulysse oriental, épousant le rythme des grandes scansions d’un récit construit entre « mythe, exagération ou fantaisie ».
En matière d’écriture et de pouvoir d’évocation, Charif Majdalani est un orfèvre. Mais, comme ça, mine de rien.

La fabrication d’un mensonge, d’Audrey Diwan
Flammarion, 2007

Site de l’éditeur

Bingo ! Pas pour Audrey Diwan mais pour nous, lecteurs ravis, qui nous mettons à tourner les pages de ce premier roman, avec la jubilation fébrile d’un joueur invétéré qui remporte, enfin, le jackpot ! C’est-à-dire une plume rare, alerte, qui réinvente le cynisme poétique, le désabusement lyrique, l’introspection corrosive ; bref, l’humour noir.
Avec cette histoire d’une adolescente attardée qui tète diplôme après diplôme et se fourre dans une infra-boutique d’articles de mariage, dont la vendeuse vedette la subjuguera, Audrey Diwan captive son lecteur comme si elle avait écrit un polar au suspense haletant. Au point qu’après avoir refermé le bouquin, le lecteur, toujours lui, ne peut que reconnaître, au milieu de la profusion d’ouvrages convenus, et en paraphrasant l’auteure, « que la terre n’étant pas plate, il lisait en rond depuis un bon moment ».

Marie, de Marek Halter
Robert Laffont, 2006

Site de l’éditeur

Miryem, fille de Joachim et Hannah, à peine âgée de quinze ans, « n’était pas comme les autres. Il y avait en elle quelque chose de plus fort et de plus mûr. Du courage et de la rébellion, aussi ». Juive, fille de la Galilée, Miryem observe les exactions perpétrées par les mercenaires du roi Hérode et les percepteurs du sanhédrin. Elle ne baissera pas la tête.
Sous la plume de Marek Halter, Miryem est une héroïne amoureuse de Yahvé, qui impose le respect dans son parcours de jeune juive révoltée contre l’injustice et la corruption, parcours qui la préparera à devenir la mère de Yechoua ben Yossef, le Messie.
Dans un style d’une grande limpidité, aux évocations subtiles, à la pensée profonde, Marek Halter dresse un portrait inoubliable, vibrant d’admiration… C’est évident : nul autre qu’un juif honnête et érudit n’aurait pu raconter l’âme d’une juive au destin aussi extraordinaire.
© Johnny Karlitch, 52 romans par an, semaine 45 : rattrapage de la semaine du lundi 6 au dimanche 12 juillet 2015.

Site du libraire diffuseur

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s