Semaine 48: Trois auteurs, trois romans

Inédits sur le web : des romans lus et présentés, il y a de cela un bon bout de temps.

Couv 3 romans blog48

Maryam ou le passé décomposé, d’Alawiya Sobh

Gallimard, 2007

Site de l’éditeur

 

Dès l’incipit, et de la première page à la dernière, la somptueuse Alawiya Sobh (dont c’est le premier roman comme si elle en avait déjà écrit une douzaine) nous plonge dans un ‘‘thriller’’ de l’intériorité, où identité, mémoire et autofiction sont autant d’anges contre lesquels l’auteure se bat pour gravir une échelle, au bout de laquelle une femme (Maryam ? Alawiya ?) se dressera, dénudée, pour reconquérir la toison d’or qui lui revient de droit, son corps.

Le récit gravite autour de destins de femmes confrontées à l’ignorance, la superstition, la misère, la guerre, le désamour, la maltraitance, le viol, la violence conjugale… Destins concentrés, par exemple, en celui de la malheureuse Zina, possédée par les esprits de toutes les femmes battues « depuis la nuit des temps, depuis Ève » et qui reviennent, en elle, réclamer leurs doses de sévices.

Pas d’effroi ! Tout cela est raconté avec une telle maestria descriptive, une plantureuse imagination (dé)bridée, et si chargé d’humour iconoclaste, que vous ne lâcherez pas ce ‘‘léger’’ roman de 440 pages avant d’atteindre la dernière.

 

 

La solitude du vainqueur, de Paulo Coelho

Flammarion, 2009

Site de l’éditeur

 

Oubliez tout ce que croyiez savoir sur Cannes et les coulisses du show-biz, et « entrez dans la lumière »… À contre-courant de l’actualité strass et paillettes du tout dernier festival de Cannes (2009), ce roman de Coelho vient troubler l’apparente image d’‘‘intouchabilité’’ de la manifestation cinéma la plus glamour de la planète. Et dévier, apparemment, de la thématique néo-spiritualiste qui caractérise les écrits de l’auteur de L’alchimiste.

Incroyable, mais vrai (puisque c’est écrit !), Paulo Coelho s’identifie à un psychopathe qui a décidé de tuer des personnes choisies au hasard – de « détruire des mondes » comme il le dit – pour envoyer des « messages d’amour » à la femme qui l’a plaqué, et qu’elle comprenne qu’il est tout-puissant et qu’il lui pardonne tout.

Ce tueur, Igor, un millionnaire russe – plutôt pathétique dans sa ‘‘droiture’’, son ‘‘éthique’’ – suit donc son amour à Cannes, en plein festival. Et tue, tue…

Mine de rien, Coelho égale en horreur les grands maîtres du genre. Pourtant, il y a une lumière.

Ça ne se raconte pas, ça se savoure. Et ça frappe fort ! Surtout l’aspect enquête choc sur les coulisses de la Croisette.

 

 

J’ai tué Anémie Lothomb, de Jean-Pierre Gattégno

Calmann-Lévy, 2009

Site de l’éditeur

 

Un salon du livre, quelque part en France : devant la pile immobile des exemplaires de son dixième roman, se morfond un écrivain coutumier de la mévente. À sa gauche, un journaliste de la télé n’arrête pas de signer ; à sa droite, une auteure culte dédicace à la queue leu-leu. Lui reste invisible, il n’est pas célèbre, il n’est rien…

Cependant, le destin lui réserve une surprise de taille. Quand, dans une voiture garée la nuit, au bord d’une route déserte, sous la pluie et sous un sapin « dont la forme particulière évoque un cèdre du Liban », il découvre le cadavre de la cultissime Anémie Lothomb, notre auteur dépressif y trouve la possibilité de sortir des limbes de la sous-médiatisation.

Un récit hilarant et caustique, une parodie de polar à tonalité acerbe.

© Johnny Karlitch, 52 romans par an, semaine 48 : rattrapage de la semaine du lundi 27 juillet au dimanche 1 août 2015.

 

 

Site du libraire diffuseur

 

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