Semaine 49: Trois auteurs, trois romans…

Inédits sur le web : des romans lus et présentés, il y a de cela un bon bout de temps.

 

Couv 3 romans 49

 

Le jour où Nina Simone a cessé de chanter, de Darina al-Joundi

Actes Sud, 2008

Site de l’éditeur

Le jour où Nina Simone a cessé de chanter est le jour où notre fougueuse Darina a commencé à danser, ivre d’une liberté de vivre à contre-courant, qui défie la peur et l’ignorance, se colletant avec la guerre, la drogue et la mort.
Attention, cette femme très entière mord et griffe, et son âme mise à nu n’épargne ni convenances, ni bienséances. C’est qu’elle a souffert, la petite Darina, trop adulée par un père, journaliste et écrivain syrien, laïciste et libertaire, don la devise était « il est interdit d’interdire », au point qu’elle a cru que la société aurait pour elle et sa rage innocente l’indulgence paternelle.
Cette « vie-roman » – un récit passionnant qui se lit d’une traite – a été corédigée avec l’écrivain et dramaturge Mohamed Kacimi, à la demande de Thierry Fabre, rédacteur en chef de La pensée de midi, qui a eu un coup de cœur après avoir vu Darina la comédienne, seule sur scène, bouleverser le public d’Avignon avec son ‘‘one-woman-show’’ au titre éponyme.

Chaque femme est un roman, d’Alexandre Jardin

Grasset, 2008

Site de l’éditeur

Alexandre Jardin a clôturé sa trilogie autobiographique, qui comprend Le Zubial et Roman des Jardin, avec ce troisième opus ouvert sur le champ sémantique infini de l’âme féminine. À commencer par celle de sa mère, qui lui a suggéré de placer haut la barre de l’écriture, du côté de la liberté et de la vérité, elle, dont la « seule constance fut toujours le mouvement ».
Ainsi ce roman sur les femmes de l’auteur, réelles et virtuelles (telle cette voisine, une tornade blonde qu’il a cru posséder ou cette princesse hitchcockienne qui lui offre une fellation à ses quinze ans), évolue de rencontre sentimentale en rencontre initiatrice, d’aventure galante en aventure rêvée, avec une préférence pour les « imaginatives qui dévoilent leur vérité profonde en embobinant avec sincérité ».
Clair : Alexandre Jardin préfère les femmes qui sont auteures du roman de leur vie.

L’homme que je fus, de Mohamed Abi Samra

Actes Sud/Sindbad, 2007

Site de l’éditeur

Mohamed Abi Samra, dans L’homme que je fus (traduit par Franck Mermier), prête une sensibilité à fleur de peau à son narrateur. Ce dernier, qui a vécu dix-sept années de sa vie en France, décortique sa descente aux enfers, car, étranger à lui-même, il ne cesse de l’être malgré son mariage avec une Française et sa paternité.
Son passé – le quartier Salim Massaad de son enfance ainsi que ses habitants tenus en piètre estime, ses fripes malodorantes, la brutalité de sa mère, dont l’image est perpétuée par son épouse – réussit à le poursuivre jusqu’à Lyon.
La part de rêve, et aussi port d’attache, se situe uniquement dans le souvenir, troublant par sa pudeur, d’une copine de classe, Amal.
La crudité de certaines scènes décrites par l’auteur et la vivacité de sa vision de la pauvreté collent au lecteur et le poursuivent longtemps après avoir refermé le livre.
© Johnny Karlitch, 52 romans par an, semaine 49 : rattrapage de la semaine du lundi 3 au dimanche 9 août 2015.

Site du libraire diffuseur

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