Semaine 50: Trois auteurs, trois romans…

 

Inédits sur le web : des romans lus et présentés, il y a de cela un bon bout de temps.

 

Couv 3 romans blog50

 

De Niro’s game, de Rawi Hage

(traduction de l’anglais par Sophie Voillot)

Denoël, 2008

Site de l’éditeur

Avec ce récit sans concession aucune, cinglant, dur, évocateur, où deux jeunes paumés d’Achrafieh se débattent, chacun à sa manière, pour surnager aux horreurs de la guerre, récit ponctué d’incantations hallucinées, très dadaïstes, véhiculant une charge accusatrice contre la société de consommation idéologique, Rawi Hage a produit un premier roman qui vous tonnera à la cervelle de ses « dix mille » mots gravés entre vision fictionnelle et vision semi-autobiographique.
Pétri et dynamité avec de la boue de sang et de révolte, De Niro’s game (une allusion au jeu suicidaire du barillet russe tel que pratiqué par Robert de Niro dans The Deer Hunter et adopté par les jeunes combattants de la guerre civile libanaise) est un formidable cri littéraire de vie hurlé, non seulement à la gueule de l’absurdité de la guerre, mais aussi à celle de l’aliénation de l’existence, par la destruction de ses valeurs fondamentales d’amour, de solidarité, d’amitié…

Le chemin parcouru, d’Ishmael Beah

(traduction de l’anglais par Jacques Martinache)

Presses de la Cité, 2008

Site de l’éditeur

Il venait d’avoir dix ans quand l’air malsain de la guerre civile désintègre l’insouciance de son enfance. La Sierra Leone s’enfonce dans un conflit meurtrier entre rebelles et forces gouvernementales. Mais c’est à douze ans qu’elle se révèle à lui dans sa pleine horreur et, face au regard d’un enfant mort, il comprend que « tout était perdu ». Tout : son adolescence, ses parents, sa maison, ses amis… En quelques mois, où il tente de survivre, malgré les atrocités qui le bouleversent, en se cachant dans la brousse ou en se réfugiant dans des bourgades encore épargnées, se nourrissant de ses souvenirs d’enfance, le garçon se transforme en enfant soldat tueur, mitraillette AK-47 au dos, lui qui, avec son frère et des amis, n’avait qu’une seule idée en tête : devenir star du hip-hop.
Bien des enfers plus tard, une organisation humanitaire le recueille dans un centre de réhabilitation. Il réapprend à être un adolescent qui a le droit de rêver et de s’épanouir. Et, installé à New York, membre d’une ONG travaillant pour les droits des enfants, Ishmael Beah écrira, à l’âge de 27 ans, ce reportage d’une puissante intensité.

La création du monde, de Jean d’Ormesson

Robert Laffont, 2010

Site de l’éditeur

Dans La création du monde, récit en forme de roman-essai, qui doit nécessairement trouver place dans votre bibliothèque, Jean d’Ormesson se prend pour Dieu. Et ça lui réussit bien.
Mais, attention, si l’auteur de Presque rien sur presque tout et C’était bien se prend pour le créateur, il ne l’est pas pour autant. Tout ce qu’il fait, c’est user de plein droit de cette faculté qui est, au plus haut point, le meilleur propre de l’homme : penser. Penser la création du monde, l’apparition de la vie, penser l’espace, et le temps, penser la liberté, l’amour, le mal… Penser le fabuleux mystère de la pensée, penser Dieu…
Jean d’Ormesson réussit le tour de force de brasser des concepts, connus ou moins connus, tirés de l’histoire universelle de la pensée, et d’autres, inédits, de la sienne propre, et de les narrer en les passant au tamis d’une vulgarisation ludique.
Une lecture pétillante pour l’esprit, qui se verra émerveillé d’être le héros exclusif d’une si grande aventure à la « gaieté déchirante ».
© Johnny Karlitch, 52 romans par an, semaine 50 : rattrapage de la semaine du lundi 17 au dimanche 23 août 2015.

Site du libraire diffuseur

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s